Reconstitution de la ville antique de Boulogne-sur-Mer entre terre et mer.

À la croisée des routes terrestres et maritimes, Boulogne-sur-Mer antique révèle, grâce aux recherches archéologiques, son rôle stratégique au sein de la Gaule romaine et de l’Empire.

 

 Actes de la table ronde du Projet collectif de recherche (PCR), Atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer

La ville de Boulogne-sur-Mer, aujourd’hui connue comme premier port de pêche de France, fut dans l’Antiquité un carrefour stratégique majeur entre la Gaule et la Bretagne insulaire. Port militaire, point de passage, centre administratif et religieux, Gesoriacum — son nom romain — illustre à quel point la mer et la terre se complétaient dans l’organisation de l’espace urbain antique.

Le Projet collectif de recherche (PCR) consacré à l’Atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer s’inscrit dans une dynamique scientifique ambitieuse : rassembler, croiser et analyser l’ensemble des données disponibles sur l’urbanisme et les fonctions de la cité romaine. Les actes de la table ronde qui en découlent offrent une synthèse précieuse des avancées de ces dernières années, fruit de la collaboration entre archéologues, historiens, topographes et spécialistes du patrimoine.

Une ville tournée vers la mer

La position de Boulogne, au débouché de routes terrestres majeures et face aux côtes britanniques, explique son rôle central dans les réseaux commerciaux et militaires. Les fouilles et relevés topographiques ont mis en évidence la complexité du port antique, doté de quais, entrepôts et infrastructures permettant d’accueillir aussi bien les troupes que les marchandises.
Ce rôle maritime a contribué à faire de Gesoriacum un point d’ancrage du limes de la Manche, une frontière autant stratégique qu’économique.

L’organisation urbaine et les espaces publics

Au-delà du port, la ville se caractérisait par une organisation typique des cités romaines. Les recherches ont permis de reconstituer un réseau de rues orthogonales, des espaces résidentiels et artisanaux, mais aussi des monuments publics témoignant du rayonnement de la cité : forum, thermes et édifices cultuels. Les données topographiques croisées avec les découvertes archéologiques permettent aujourd’hui de mieux saisir l’articulation entre fonctions civiles, militaires et religieuses.

Un patrimoine redécouvert et valorisé

Les actes de la table ronde mettent en lumière l’importance d’un travail collaboratif entre institutions, chercheurs et collectivités locales. Le PCR ne se limite pas à la recherche scientifique : il vise aussi à nourrir les politiques de préservation et de valorisation du patrimoine boulonnais. En ce sens, l’atlas topographique devient un outil de connaissance mais aussi un support pour la médiation culturelle, contribuant à l’attractivité de la ville et au renforcement de son identité historique.

Une ouverture vers de nouvelles perspectives

L’étude de Boulogne-sur-Mer antique ne s’arrête pas aux seules frontières de la cité. Elle permet de replacer la ville dans les dynamiques plus larges de la Gaule romaine et de la Manche, montrant la richesse des échanges et des circulations entre continents. Les actes de cette table ronde constituent une étape essentielle dans la compréhension de ce carrefour antique, mais aussi un point de départ pour de nouvelles recherches.

En définitive, le projet Boulogne-sur-Mer antique, entre terre et mer illustre la vitalité de la recherche archéologique collaborative. Il confirme que l’histoire d’une ville portuaire, loin d’être figée dans les vestiges, continue de se construire à la lumière des découvertes et des regards croisés des chercheurs.